
Quel est le vrai visage de l'infidélité
?
L'infidélité n'est peut-être
pas ce qu'elle veut bien laisser paraître. L'infidélité
est souvent décrite par ceux qui la subissent et rarement
par ceux qui la vivent. Alors bien sûr, définir un
phénomène au travers du regard de la souffrance n'assure
en rien le minimum de lucidité nécessaire pour comprendre
ce qu'est l'infidélité.
L'idée reçue selon laquelle les hommes
auraient des prédispositions naturelles dues à l'obsession
du sexe qu'ils auraient par nature n'est pas corroborée par
une réalité bien plus simple. Les femmes sont aussi
infidèles que les hommes et succombent aux délices
des trahisons amoureuses avec autant de délices qu'un homme.
Les femmes recherchent la considération dans leur vie de
couple, considération et sécurité... Quand
point l'indifférence au quotidien et quand la sécurité
devient un étouffoir, l'envie d'être désirée,
l'envie de danger, l'envie de vivre autant que de vibrer est aussi
dense que chez un homme qui tente de trouver la séduction
éternelle au travers de ses liaisons.
Chacun cherche "l'amour érogène"
et ne se satisfait plus du menu du couple. Un couple qui soupire
dans son quotidien.
L'infidélité fait du bien à
ceux qui choisissent de l'être et saccage la vie sentimentale
de ceux qui sont bafoués. Ces derniers ne comprennent pas
et leur amour-propre est si violemment étreint qu'il suppure
d'une rancœur incessante. Par écho, l'homme ou la femme
infidèle qui se rend compte des dégâts produits,
culpabilise. Ce qui était un élan de liberté
personnel, un besoin de second souffle devient un vaudeville plus
étouffant encore qu'une vie de couple sans heurt.
Les trios s'installent. Chacun étant écartelé
entre la vie amoureuse dont il rêve, et celle qu'il vit pauvrement
mais dont il est incapable de se séparer tant le renoncement
serait une désillusion. Les relations des uns et des autres
se transforment en des jeux de pressions, de chantages, de mise
en demeure... On se bagarre, on se déchire, on se dit des
mots d'amour biaisés...
Il est à noter qu'entre les trois personnages
qui constituent une infidélité réussie, il
existe un dominant et deux dominés. Le dominant est celui
qui dicte les conduites... Ce qui était une échappée
belle pour l'amour est tout simplement un rapport de force, parfois
teinté d'amour, mais jamais gorgé de partage complet.
L'infidélité est la voie des compromis et souvent
des compromissions, il ne faut pas s'attendre à l'épanouissement
personnel mais plutôt à des instants trompe l'œil...
Mais où trouve-t-on un amant, une maîtresse
aussi facilement ?
• parmi le club des amis... les meilleurs
ami(e)s sont toujours plus tendres que les conjoints.
• au travail : un(e) collègue passe
plus de temps avec nous que nous ne passons du temps avec notre
partenaire. Ça crée nécessairement des liens.
• sur Internet : les sites de rencontres.
La tentation est si forte... avec tant de complicité virtuelle
sur l'écran des fantasmes...
Peut-on parvenir à empêcher l'autre
d'être infidèle ? Non, en simplement le lui demandant
! Oui, en montrant que soi-même on peut être indépendant
et qui sait volage. Sans aller dans la caricature théâtrale
à la Sacha Guitry... il n'est pas inutile de faire savoir
à celui ou celle qui vous trompe, que vous n'êtes pas
conquis(e). Cultiver l'art des instants, évitez les relations
évidentes, changer d'humeur, vivre davantage pour soi car
le "qui m'aime me suive" est aussi une belle preuve d'amour...
Redevenez vous-même, sans dépendre de l'autre qui commence
à vous oublier au gré de ses désirs est la
meilleure façon de faire revivre l'intensité, si elle
existe encore... quoiqu'il en soit sauvez vous vous-même,
protégez-vous, ne subissez pas l'humiliation, ensuite vous
trouverez votre voie... La confiance viendra en son heure... Elle
ne se réclame pas dans un serment de fidélité
précipité.
hOHo
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