J'ai découvert l'infidélité de ma femme cet
été. Je suis tombé de très haut. J'ai
43 ans, elle 38. Je l'aime, je n'ai aucune raison de penser que
la réciproque ne soit pas vraie. Tout allait vraiment très
bien entre nous, notamment sur le plan sexuel.
Initialement, nous devions partir à la même date, début
juillet. Mais ma femme s'est ravisée : elle m'a dit qu'elle
avait trop de travail et a différé son départ
d'une semaine, me laissant partir seul avec nos deux enfants. Je
n'ai rien soupçonné, rien vu venir. D'autant que lorsqu'elle
nous a rejoints, elle était amoureuse, tendre, câline,
détendue.
Elle et moi avons le même type de téléphone
portable. Mais j'en ai un usage limité aux seuls appels téléphoniques
: de ma vie, je n'ai jamais tapé un de ces fameux SMS dont
raffolent les ados. Cet été, peu après son
arrivée, j'ai noté que le portable de ma femme faisait
un bruit bizarre: une simple note, un peu aigüe. Mais je n'y
ai pas porté attention. C'est un de nos amis qui, entendant
ce bruit, a dit à ma femme qu'elle avait reçu un SMS.
Elle m'a dit plus tard que son bureau communiquait comme ça
avec elle, pour la tenir au courant de dossiers en cours. Quelques
nuits plus tard, n'arrivant pas à dormir, je suis redescendu
faire des Su-Doku. J'ai l'habitude idiote de me chronométrer
avec mon portable. Je l'avais mis à recharger. Alors, j'ai
pris celui de ma femme. En faisant défiler le menu pour aller
à la case chronomètre, je suis tombé sur la
case "Messages". Et machinalement, je suis ensuite allé
à "Messages reçus". Il y en avait deux,
portant la signature d'un homme que je connais. Leur contenu était
explicite : c'étaient des messages d'amour. Alors, je suis
allé à la case "Messages envoyés"
et "archives". Elles étaient vides.
D'abord, je ne voulais rien dire à ma femme. Je voulais d'abord
savoir ce qu'elle lui répondait. Pendant une journée,
j'ai donné le change. C'était atroce. Je faisais comme
si de rien n'était, et dès qu'elle avait le dos tourné,
j'allais fouiller dans son sac voir si elle avait envoyé
un message à cet homme. Mais ce faisant, j'avais le sentiment
d'être tombé aussi bas qu'elle. Alors, le soir, j'ai
craqué. je lui ai tout dit.
Cet homme, nous l'avions connu deux étés précédents,
lors d'un dîner chez un ami commun. Il était accompagné
de sa femme, qui avait sympathisé avec la mienne. Et comme
ils avaient des enfants de l'âge des nôtres, nous nous
sommes retrouvés plusieurs fois sur la plage ensuite. Mais
je n'avais pas grand chose à lui dire. Nous sommes trop différents.
Il est architecte-décorateur. Je le trouvais un peu précieux,
avec ses cheveux mi-longs, son corps maigre et son absence de menton.
Un peu trop poli, un peu trop délicat, presque efféminé,
même. De sorte que nous n'avons pas éprouvé
le besoin de nous revoir une fois rentrés à Paris.
Je l'ai revu l'été suivant, au même dîner.
Il était seul. Notre ami commun nous a dit que sa femme venait
de le quitter et qu'il le vivait mal. Là, je l'ai pris un
peu en pitié. Je me suis dit que ça ne devait pas
être drôle pour lui de se retrouver seul en vacances
avec ses deux enfants. Nous l'avons invité à venir
nous rejoindre sur la plage, pour que ses enfants jouent avec les
nôtres. Ses enfants étaient assez désagréables
à son égard, sans doute parce qu'ils lui faisaient
payer inconsciemment le prix de la séparation. Et ils ne
savait pas très bien s'y prendre avec eux. Il était
malhabile, ne savait pas leur inventer des jeux. Alors, j'ai pris
le relais : j'ai emmené ses enfants se baigner ou faire des
châteaux de sable avec les nôtres. Lui, pendant ce temps,
il restait sur la plage à discuter avec ma femme. Je n'y
ai pas vu malice. Je pensais qu'il avait envie de parler, et qu'une
oreille féminine était sans doute plus attentive en
pareil cas. Et je ne le voyais pas comme un rival, car il n'a pas
le physique d'un séducteur. Ma femme m'a confirmé
qu'il avait envie de parler, que le départ de sa femme l'avait
anéanti. Donc, je les ai souvent laissés seuls sur
la plage. Quand nous sommes rentrés à Paris, il est
venu dîner plusieurs fois chez nous, toujours à mon
initiative. Il n'y avait pourtant pas d'atomes crochus entre nous.
Mais j'étais touché par ce qui lui arrivait, et nous
faisions en sorte qu'il y ait toujours une femme seule lors de ces
dîners. Il leur prêtait peu d'attention. Je me souviens
même avoir demandé à ma femme s'il n'était
pas homosexuel... Il nous arrivait même d'aller ensemble avec
nos enfants au Jardin d'Acclimatation. Ça se passait exactement
comme lorsque nous étions sur la plage : j'emmenais les enfants
jouer, et lui restait en retrait, à discuter avec ma femme.
Un mois avant l'été, j'ai remarqué qu'il ne
venait plus dîner chez nous, non plus qu'au Jardin d'Acclimatation.
Ma femme, qui lui téléphonait pour l'inviter car elle
était plus proche de lui que moi, m'a dit qu'il avait sans
doute trouvé une nouvelle compagne. C'est là que j'aurais
dû me méfier. Elle me dit que non, mais à mon
avis, ils étaient sans doute déjà amants. Dès
lors, il ne voulait plus se trouver en ma compagnie. Elle m'a dit
aussi qu'elle avait vraiment du travail début juillet, et
que c'était l'unique raison pour laquelle elle a différé
son départ. N'empêche que pendant cette semaine-là,
ils se sont vus tout le temps.
Quand j'ai appris qu'elle avait une liaison avec lui, ma première
réaction a été lâche : vu la teneur
des messages que j'avais lus, j'ai eu peur qu'elle soit amoureuse
de lui et qu'elle me quitte. Elle m'a assuré que non, qu'elle
n'aimait que moi, qu'elle avait commis une erreur et qu'elle allait
mettre fin à cette histoire.
C'est ensuite, au fur et à mesure de ses explications, que
la colère est venue en moi. Je savais qu'ils parlaient souvent
d'art moderne, de mobilier contemporain, d'aménagement intérieur.
Des sujets qui intéressent ma femme, mais pas moi. Elle m'a
dit que le soir de mon départ, il l'avait appelée
pour aller le lendemain faire un tour au Marché aux Puces.
Que de là, ils étaient allés visiter des galeries,
avaient dîné ensemble le soir et que ça avait
débuté là. Je ne la crois pas. Je suis persuadé
que leur histoire avait débuté avant, au moins dans
l'intention, sinon pourquoi m'aurait-elle caché qu'elle allait
aux Puces avec lui quand je l'ai appelée le samedi matin
pour lui dire que nous étions bien arrivés ? Je ne
la crois pas non plus parce que j'ai découvert à cette
occasion qu'elle savait remarquablement bien mentir : toute la semaine,
elle m'a parlé de dîners professionnels, ou avec ses
amies, alors qu'elle était avec lui. Elle me dit qu'elle
n'a rien vu venir non plus. Que c'était juste une amitié,
qui s'est transformée progressivement en complicité,
puis en liaison. Que son tort est d'avoir autorisé une trop
grande proximité intellectuelle entre eux, une trop grande
intimité. Qu'elle avait le sentiment de retrouver, quand
elle était seule à Paris, la liberté de ses
jeunes années, que c'était comme une parenthèse
dans sa vie. Elle m'a dit aussi, et ça m'a fait plus mal,
qu'elle avait été attirée par le fait qu'il
était mon contraire en tout. Et qu'elle avait été
flattée de recevoir des messages d'amour de lui, qu'elle
avait le sentiment d'être comme une collégienne quand
elle lui répondait. Elle m'a juré qu'elle n'était
pas amoureuse de lui. N'empêche qu'elle acceptait ses SMS
d'amour, qu'elle y répondait même, et probablement
sur un ton proche sinon il n'aurait pas insisté. Je crois
que c'est ça qui me fait le plus mal : nous étions
en vacances, avec nos enfants, tout se passait bien entre nous,
et elle, derrière mon dos, se cachait pour répondre
aux SMS de son amant. Quand je le lui dis, elle ne sait pas quoi
répondre, sinon qu'elle m'aime et qu'elle n'a pas d'excuses
pour ce qu'elle a fait.
Nous en sommes là, trois mois plus tard. Nous ne divorcerons
pas, pas pour ça. Mais elle a brisé quelque chose
dans notre couple, quelque chose de fondamental et qui s'appelle
la confiance. Au début, quand nous faisions l'amour, j'avais
de sales images en tête qui s'imposaient à moi. Quand
je voyais son visage dans le plaisir, je me demandais à chaque
fois si l'autre avait vu le même visage. Et je ne pouvais
pas m'empêcher de l'imaginer dans les bras de cet homme. Je
n'ai pas envie de me venger d'elle en faisant pareil. En tous cas,
pas maintenant, c'est trop tôt. je vois bien qu'elle fait
des efforts pour se faire pardonner. Elle m'a juré que c'était
sa première infidélité. C'est possible. Peut-être
a-t-elle voulu donner un peu de piquant à sa vie avec cette
histoire. Ou retrouver des émotions passées. Bien
sûr, je me suis remis en cause. Je me suis demandé
si avec les enfants, le travail, les habitudes, notre couple n'était
pas tombé dans une certaine monotonie sur le plan sexuel.
Je sais maintenant qu'il faut être très vigilant dans
un couple, ne jamais se croire à l'abri, ne jamais laisser
une relation de proximité s'installer entre sa femme et un
homme. Je n'ai pas été assez attentif, j'ai laissé
cet homme l'approcher de trop près. Notre couple est aujourd'hui
convalescent. J'essaie de relativiser ce qui s'est passé.
Mais je crois que le chemin sera long avant que je retrouve la confiance,
à la fois en moi et en elle.
Xavier
Monsieur,
Il m'est arrivé la même chose qu'à vous (ou
à peu près), il y a 10 ans.
J'ai passé l'éponge et je ne le regrette pas. Finalement
entre une femme fidèle mais irritée et/ou indifférente
et une femme infidèle qui cherche à se faire pardonner,
je préfère la seconde.
Bonne chance...
Monsieur,
Vous dites qu'il vous est arrivé la même chose. Mais
était-ce de la part de votre épouse un accident de
parcours, ou une situation d'infidélité dans laquelle
elle s'est, et vous a installé ?
Après cette période volage, qu'est ce qui l'a conduite
à redevenir une épouse fidèle ?
Merci en tous cas pour vos mots d'espoir.
Vous me demandez de préciser: "Mais était-ce
de la part de votre épouse un accident de parcours, ou une
situation d'infidélité dans laquelle elle s'est, et
vous a installé ?
Après cette période volage, qu'est ce qui l'a conduite
à redevenir une épouse fidèle ?"
Ma femme est restée l'amante d'un collègue
environ 2 ans. Mais comme ils sont prof l'un et l'autre, et
que leurs emplois du temps sont ceux des prof, il leur est facile
de se rencontrer en cour de journée. Ensuite elle a rompu.
Pourquoi ? Je n'en sais rien, mais elle m'a dit qu'elle était
"lassée".
Les rencontres qu'elle fait sont très aléatoires.
Et les ruptures irrationnelles. Mais notre fils (adulte maintanant)
et moi représentons la durée le futur, la solidité.
(Au moins officiellement).
Par la suite, elle a rencontré un autre homme, mais heureusement,
c'était en vacances et il habite à 300 km, en dehors
des vacances.
Evidement la confiance en sa fidélité a disparu. Mais
comme elle fait ça pour "s'amuser à séduire"
et que je ferme les yeux (jusqu'à un certain point), elle
m'en remercie par sa soumission et sa culpabilité ( même
si elle en rajoute un peu). Donc j'ai confiance pour le futur.
Et je lui demmande de ne rien me cacher. D'ailleurs, j'ai des ruses
de sioux qui me permettent parfois de savoir si elle a fait l'amour
( pas toujours très fiables).
HL
Il n'est peut-être pas si important de connaître
les motivations d'un retour au foyer d'un conjoint infidèle.
Des raisons plus ou moins claires peuvent conduire une personne
à recomposer son couple après un adultère.
Confort matériel, confort affectif, déception sentimentale
au cours de la liaison, besoin de recoller les morceaux... pour
ne citer que quelques motivations.
Les après d'une crise de couple sont variés.
Ils vont d'un enlisement jusqu'à la rancune et les remords
éternels, à la recomposition et la prise de conscience
de la valeur du couple face à la superficialité adultère.
L'énergie que le couple met en oeuvre pour
se refondre à nouveau est seule déterminante. Elle
est la preuve que l'amour existait, sans doute endormi, mais existait
assurément avant l'escapade. L'infidélité joue
le rôle, parfois, d'électrochoc salutaire. Mieux vaut
un couple qui se griffe, qui se blesse qu'un couple parfaitement
lisse d'indifférence.
hOHo
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